Le 11 mai 1940, les Allemands firent la preuve de leurs possibilités d'attaque en s'emparant sur la frontière germano-belge, du fort Eben-Emael , clef de la défense de Liège. Cette forteresse passait pour inexpugnable et, auprès des Alliés eux-mêmes, pour plus puissante que la ligne Maginot ou la ligne Siegfried . Pourtant, trente heures suffirent à une poignée de soldats allemands parfaitement entrainés pour faire capituler la garnison belge retranchée dans cette masse imposante de béton et d'acier. Présentation du fort Après la Première Guerre mondiale, la Belgique réorganise son système de défense en renforçant d'anciens forts et en en construisant de nouveaux, notamment dans les environs de Liège, une ville clé dans son système de défense. Le fort d'Eben-Emael est construit à dessein près du canal Albert car la situation permet de dominer les alentours et de mes contrôler notamment les routes en provenance de Maastricht, ainsi que les ponts de Vroenhoven et de Veldwezelt. La construction du fort débute en 1932 et s'achève quatre ans plus tard. Vu du ciel, il a la forme d'un triangle isocèle ; il occupe une surface de près de 75 ha et sa superstructure s'élève à 65 m au-dessus du canal Albert. Le fort est barré à l’est par la tranchée de Caster. De plus, la Montagne Saint-Pierre présente elle-même quelques escarpements infranchissables. De très nombreux dispositifs, notamment des fossés, avaient été aménagés pour parer des attaques de blindés. Le réseau souterrain s’étend sur plus de trois kilomètres et sur une hauteur de 40 mètres. L'aération du fort était équipée de filtres spéciaux, les enseignements des batailles de la Première Guerre mondiale en matière de gaz de combat étant présents à l'esprit des concepteurs du fort. Au total, 1 200 soldats sont affectés à ce fort, dont 1 000 répartis en deux groupes égaux qui se relayent chaque semaine, si bien qu'il n'y a jamais plus de 500 personnes présentes dans ces bâtiments. Les 200 hommes restants sont chargés de l'entretien du fort. Celui-ci se compose de deux batteries : la première, d'attaque, est équipée de deux canons de 120 mm et de quatorze autres de 75 mm ; la seconde est une batterie de défense. Cette concentration d'armes fait incontestablement d'Eben-Emael le plus puissant fort pour l'époque. Les faiblesse de l'ouvrage La principale faiblesse du fort, qui lui sera fatale, c'est son toit. Cette vaste étendue plane, qui accueille aujourd’hui une forêt et un champ de blé, n’était, en effet, pas assez défendue : nulle mine, nul obstacle antiaérien, peu de barbelés, pas de protection directe des casemates contre des attaques d'infanterie. La raison de cette non-préparation montre bien que la Belgique n'était pas prête à la guerre : ce vaste espace servait de terrain de football aux soldats du fort (les soldats avaient même lancés une pétition pour empêcher que le toit soit miné). À noter également que les canons ont une portée de 11 et 17.5 km. L'armée belge n'en a pas installé de plus puissants car la neutralité de la Belgique imposait que le territoire allemand ne soit pas à portée de canons. Le plan d'attaque allemand Les Allemands, préparant la guerre, avaient réussi à obtenir beaucoup d'informations sur le fort. Elles avaient clairement montré qu'ils ne pourraient pas attaquer Eben-Emael par des moyens conventionnels. Le fort était réputé imprenable et semblait insensible à des bombardements. C'est sur cette série de constatations que se construisit le plan d'attaque allemand, l'utilisation d'une arme nouvelle pour détruire les tourelles : les charges creuses, dont la plus lourde pesait 50 kg. Ces charges creuses devaient être posées et amorcées directement sur les tourelles par les assaillants eux-mêmes. Le dard (jet de métal fondu) perforait le blindage à la vitesse de 10 km/s et détruisait tout ce qui se trouvait derrière. Mais comme les charges creuses étaient extrêmement sensibles, leur transport en parachute n'était pas envisageable. Les stratèges allemands utilisèrent donc des planeurs remorqués au-dessus du territoire allemand par des avions Junkers Ju 52 . Ils étaient ensuite lâchés et n'avaient plus qu'à parcourir les 30 km qui séparaient la frontière allemande du fort d'Eben-Emael. Là, ils passèrent complètement inaperçus et 85 parachutistes, menés par le lieutenant Witzig, atterrirent en une spirale abrupte aux petites heures du 10 mai 1940 sur les dessus du fort. Une nouvelle phase de la Seconde Guerre mondiale avait commencé : les opérations d'espionnage et une planification méticuleuse, combinées à la malchance et au manque de préparation du côté belge ont contribué au succès de l'exécution du premier plan secret de Hitler. Au même moment débutaient les offensives allemandes contre les Pays-Bas, la France et le Luxembourg. Les combats du Fort Réagissant lentement à l'invasion allemande, le fort n'était pas prêt lors de l'attaque. Les troupes logeant dans les villages alentours n'étaient pas toutes revenues à leur poste. De plus, une partie de la garnison était occupée à détruire des bâtiments trop proches de l'entrée. En conséquence, une partie des casemates étaient en sous-effectifs, voire vides, en particulier les casemates de mitrailleuses couvrant les dessus du fort. Les munitions n'était pas toujours prêtes à l'emploi. Sur les dessus du fort, les positions de combat principales furent détruites en très peu de temps grâce à la précision du posé des planeurs, juste à cotés des objectifs. Il est à noter que les casemates à l'intérieur du fort ne disposaient pas de barbelés les entourant ou de fossés protégeant leurs ouvertures de telles attaques d'infanterie directes. La fausse coupole de 120mm fut attaquée ce qui mis hors-jeu une partie des pionniers. Suite à ce succès foudroyant, la garnison était sous le choc et les tentatives de contre-attaques furent limités. Les attaquants allemands essayèrent plus tard de se frayer un chemin vers l'intérieur du fort mais les défenseurs avaient bloqués les accès aux galeries avec les portes blindés prévues à cet effet. Le lendemain, le 151e régiment d’infanterie allemand arrivait en renfort. Après 36 heures de combat, le fort dut abandonner toute résistance. Le 11 mai à 13 h 30, la forteresse capitulait. Dans cette bataille, 24 soldats belges et six Fallschirmjäger (parachutistes) allemands perdirent la vie. Les 1 200 survivants belges furent faits prisonniers. C'est de la même façon que furent ensuite attaqués les ponts de Kanne, Vroenhoven et Veldwezelt. L'armée belge venait de recevoir un terrible coup au moral, mais cette attaque de diversion (qui attira les armées françaises vers les Pays-Bas), ne l'empêcha pas de résister durement dans la suite de la campagne. Les soldats belges sont cependant parvenus à détruire un des ponts sur le canal Albert, l’empêchant ainsi d’être utilisé par les Allemands. Ultérieurement, les Britanniques utilisèrent des planeurs pour capturer le Pont Pégase dans le premier assaut du Jour J. Conséquences dans le déroulement de la guerre Suite à la chute du fort, les Allemands ont pu passer par les ponts du canal Albert et déborder par le nord la place fortifiée liégeoise bien que l'essentiel de la défaite des Alliés s'est joué dans les Ardennes.
Situation du fort
Sites d'atterrissage des planeurs
le bataillon allemand
Un général félicite les assaillants
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